Effondrement d’un bâtiment à l’aéroport de Donsin : « Je n’ai jamais envoyé une brouette pour l’exécution du marché » (Lamine Yaoliré)

Le 30 décembre 2022, la dalle d’un bâtiment en chantier s’est effondrée à l’aéroport de Donsin, faisant 7 morts. Les regards se tournent vers le groupement d’entreprise CESEB SARL et COGEA International, attributaire du marché. Mais pour le patron de la dernière entreprise citée, sa société n’a pas été associée à la mise en œuvre du chantier.

7 morts et 6 blessés. Le bilan de l’effondrement d’une dalle d’un bâtiment en chantier à l’aéroport de Donsin a attristé la fin d’année au Burkina Faso. Le Parquet a ouvert une enquête et demande des pièces nécessaires au groupement d’entreprise CESEB SARL et COGEA International, attributaire du marché.

Mais le PDG (Président directeur général) de COGEA International assure que sa société n’a pas été associée à l’exécution du chantier. Comment cela est-il possible alors que le nom de l’entreprise figure bien à côté de CESEB SARL, ont demandé nos confrères de « Courrier Confidentiel » à l’intéressé, Lamine Yaoliré ? Dans l’interview publiée dans le numéro 294 du 5 janvier 2023 du journal d’investigation, l’entrepreneur fait comprendre qu’il a été approché par le patron de CESEB afin qu’il l’accompagne lors de la soumission au marché. « En réalité, il a juste sollicité mon chiffre d’affaires parce que c’est le chiffre d’affaires adéquat qui lui manquait. Dans le domaine des marchés publics, il est demandé un certain montant en termes de chiffre d’affaires. Si une entreprise donnée n’en dispose pas tel qu’indiqué dans le dossier d’appel d’offres, elle peut solliciter, dans le cadre d’un groupement, qu’une autre entreprise lui complète ce chiffre d’affaires », a-t-il confié au « Courrier Confidentiel ».

A lire Lamine Yaoliré, son implication et son « aide » à CESEB se sont limitées là. Il indique qu’il n’a juste été informé par le patron de CESEB que de la nouvelle de l’attribution du marché. Pour le reste, le PDG de COGEA International assure qu’il n’a pas été associé à l’exécution du marché et n’a pas non plus envoyé de matériaux ou de technicien sur le chantier. Du reste, il ne dispose d’aucun document lié à ce marché. « La première fois que je m’y suis rendu, c’est le 31 décembre 2022 lorsque j’ai été  informé qu’un bâtiment s’était effondré. Je n’ai jamais envoyé ni brouette, ni technicien, ni un franc pour l’exécution du marché », a-t-il déclaré.

Un soutien gratuit

Qu’à cela ne tienne, qu’est-ce que COGEA International a obtenu en échange de son chiffre d’affaires ? Lamine Yaoliré affirme qu’il n’a pas aidé son collègue contre espèces sonnantes et trébuchantes. « Je n’ai pas (…) reçu un centime dans le cadre de ce marché », déclare-t-il, avant d’ajouter plus loin : « je lui ai apporté un soutien gratuit. Je n’attendais rien en retour. Mon objectif était de permettre à cette entreprise d’avoir aussi ses chances, de pouvoir prospérer, aider à la résorption du chômage et participer au développement de notre pays ».

Le PDG de COGEA International, qui met la qualité des agrégats (fer et béton) et la sécurité des étais sur la liste des facteurs probables de l’effondrement, estime que son partenaire aurait dû mieux l’impliquer dans la mise en œuvre du chantier. « CESEB SARL est le chef de file de ce marché et a l’entière responsabilité de ce qui se passe sur le terrain de l’exécution du marché. Elle aurait dû me tenir informé de la suite après l’obtention du marché. Mais elle ne l’a jamais fait », conclut-il.

Faso7

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