Régulation des réseaux sociaux : Le Burkina va s’inspirer de l’expérience d’autres pays africains, selon le ministre Jean-Emmanuel Ouédraogo

Le ministre en charge de la communication, porte-parole du gouvernement, Jean Emmanuel Ouédraogo était devant les membres de l’Assemblée Législative de Transition ce vendredi 13 janvier 2023 pour répondre à une question relative l’efficacité des mesures législatives prises jusque-là en vue de limiter les effets néfastes des mésusages de la liberté d’expression.

Relativement à la question d’encadrement juridique et administratif de la liberté d’expression au Burkina Faso, notamment sur les réseaux sociaux, le ministre en charge de la Communication a donné une réponse relative au dispositif juridique et institutionnel qui existe déjà en matière de libertés publiques.

Il a ensuite présenté les insuffisances du dispositif en question. Il s’agit entre autres de la non maîtrise de l’identification des abonnés des opérateurs téléphoniques, de l’absence de cadre de concertation entre les opérateurs institutionnels du numérique, de la faible collaboration avec les GAFAM (Google, Amazone, Facebook, Apple et Microsoft), de l’absence d’outils de monitoring des plateformes des GAFAM et de la difficulté de faire supprimer certaines pages de publication au regard des conditions d’utilisation des GAFAM.

Le ministre Jean-Emmanuel Ouédraogo a aussi déploré l’insuffisance d’un cadre de coopération ne permettant pas d’appréhender les présumés auteurs d’infractions sur les réseaux sociaux et hors du territoire national. En plus de cela, le ministre a souligné la difficulté de réguler les messageries instantanées, l’absence d’un centre de données destiné au stockage des informations dans le cadre du Big Data et l’absence d’un centre d’analyse de données au niveau national.

Ce que compte faire le Gouvernement 

À ces difficultés, s’ajoute l’absence de la culture du recours au système judiciaire pour le règlement des différends, et la non mise en œuvre de l’identification IP (numéro d’identification des appareils de connexion) qui devrait permettre d’identifier l’adresse IP des internautes, la difficulté de localisation des internautes, dont ceux qui utilisent les VPN (ou connexion privée, ndlr).

Au vu de ce qui précède, Emmanuel Ouédraogo a annoncé que le Gouvernement envisage des actions à mettre en œuvre et des propositions à faire à l’Assemblée Législative de Transition. Concernant les actions, il a cité la relecture de certaines lois relatives à l’audiovisuel et à la presse.

À l’en croire, l’Etat burkinabè compte également s’appuyer sur l’expérience d’autres pays africains pour la maîtrise des pages sur les réseaux sociaux et la régulation de la manipulation de l’information et des discours de haine, en tenant compte de la liberté d’expression. « Il s’avère nécessaire d’envisager des réformes pour mieux encadrer le secteur et limiter le dérapage constaté jusque-là », a-t-il laissé entendre.

Des chiffres sur l’usage d’Internet au Burkina Faso 

Notons que le ministre en charge de la Communication a fait connaître des chiffres sur l’usage de l’Internet au Burkina Faso. Il en ressort qu’en janvier 2022, il y avait environ 6 millions d’utilisateurs d’Internet au Burkina Faso pour une population de plus de 21 millions d’habitants. 3,6 millions de nouvelles puces ont été vendues par les opérateurs de téléphonie mobiles. Le pays dispose de 53,5 % de couverture Internet moyenne de haut débit 3G, 4G et 5G, selon le ministre.

Par rapport aux réseaux sociaux, Jean-Emmanuel Ouédraogo a chiffré à plus 2,2 millions d’utilisateurs actifs par mois soit 10 % de la population burkinabè. 95,17 % de ces utilisateurs actifs sont rencontrés sur Facebook, plus de 2,41 % se trouvent sur le site web américain Pinterest et plus de 0,92 % de ces utilisateurs actifs sont rencontrés sur YouTube.

Par ailleurs selon le ministre en charge de la Communication, Facebook a plus de 2,5 millions d’utilisateurs actifs par mois au Burkina Faso. 99 % de ces utilisateurs se connectent via des smartphones. Aussi, à l’en croire, ce sont environ 271 000 personnes qui utilisent Messenger et environ 46 000 personnes qui utilisent Twitter.

Josué TIENDRÉBÉOGO

Faso7

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