Refondation de la nation burkinabè : Le Balai citoyen organise un forum débat citoyen

Le mouvement Le Balai citoyen a organisé ce 23 décembre 2022 à Ouagadougou, un forum débat sous le thème : « La transition comme opportunité de refondation de la nation burkinabè : la conférence nationale souveraine comme alternative ». Cette rencontre a connu la participation de représentants de partis politiques, d’ONG, d’organisations de la société civile et d’institutions telles que l’Assemblée Législative de la Transition (ALT).

Ce forum a été animé entre autres par le Dr Mamadou Hebié, juriste. Celui-ci a commencé par définir la conférence nationale souveraine comme étant un cadre ad hoc composé de représentants du peuple dans toutes ses différentes composantes afin de pouvoir discuter des options fondamentales de l’Etat, notamment les grandes orientations politiques, économiques, sociales et culturelles.

« Lorsque la conférence nationale n’est pas souveraine, elle n’aura qu’un pouvoir recommandataire. Lorsqu’elle est souveraine, elle aura un pouvoir de décision », a-t-il ajouté.

Des représentants d’institutions, d’ONG, d’OSC et de partis politiques à la rencontre -©Faso7

Pour poursuivre, Mamadou Hébié a jugé qu’une conférence souveraine nationale est indispensable pour le Burkina Faso, dans le sens où elle pourra participer à résoudre la crise multidimensionnelle que traverse le pays depuis l’avènement du terrorisme.

« Il faut qu’on trouve un cadre pour nous asseoir et dire,  » d’accord, on a fauté. Nous n’avons pas géré notre territoire. Maintenant à l’avenir, voici ce que nous allons faire pour assurer un développement homogène dans tout le pays et pour créer un cadre où toutes nos soixante-quatre ethnies peuvent se sentir fières d’être burkinabè  » », a-t-il fait comprendre.

« Le pouvoir social n’est pas dans les mains des intellectuels »

Pour donner plus de détails, le juriste a notifié que la conférence nationale souveraine doit être nécessairement portée par des leaders d’opinion légitimes. « Le pouvoir social n’est pas dans les mains des intellectuels. Le pouvoir social est dans les mains des leaders coutumiers, syndicaux et politiques. Ce sont eux, quand le pays est à terre, qui vont se lever pour le relever », a-t-il jugé.

De ce qui précède, l’animateur s’est dit désespéré du fait que les détenteurs du pouvoir social dont il a fait cas, soient parfois lâches, démissionnaires et médiocres. « Lorsqu’elle doit se tenir sur toute sa colonne vertébrale, elle disparaît. Quand ça tire à Ouaga, on attend de voir qui est le nouveau chef et maintenant chacun va aller (dire) « donne moi un peu. C’est pas ça le rôle d’une élite », a-t-il laissé étendre.

Bannir l’idée de l’Etat-nation…

Notons par ailleurs que l’animateur a désapprouvé l’idée d’aller vers l’Etat-nation pour résoudre la crise que traverse le Burkina Faso. Pour lui, le concept d’Etat-nation revient à éliminer les richesses culturelles du Burkina Faso. « Quand on impose le Français et qu’on dit aux autres de ne plus parler les autres langues locales, qu’est-ce que c’est ? C’est de l’élimination culturelle. C’est du nettoyage ethnique », a-t-il illustré.

Le membre de l’Assemblée Législative de Transition Arnaud Tindano a pris part à ce forum en compagnie d’autres députés. Pour lui, la réflexion au sujet du concept de conférence nationale souveraine mérite d’être poussée plus loin.

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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