Burkina Faso : Les contours des investissements privés disséqués par le CES

Du 5 au 9 décembre 2022, le Conseil Économique et Social (CES) tient une session spéciale de validation du rapport public 2022 portant sur le thème : « Investissements privés au Burkina Faso : Quelles stratégies pour une meilleure compétitivité des entreprises locales ? ».

À l’ouverture de cette session, Bonaventure Ouédraogo, le Président du Conseil Économique et Social (CES) a invité les participants à réfléchir sur l’état des lieux de l’investissement privé et la compétitivité des entreprises au Burkina Faso, sur les facteurs qui déterminent l’investissement privé et la compétitivité des entreprises au Burkina Faso, sur les stratégies à développer pour rendre plus compétitives les entreprises locales dans un contexte de mondialisation des échanges et de défis sécuritaires et sur les mécanismes que l’Etat peut mettre en œuvre pour promouvoir davantage les investissements privés.

« C’est pour répondre à ces préoccupations d’ordre stratégique que le CES a décidé, au vu du contexte sécuritaire du pays, de s’attaquer à cette problématique dans l’intérêt d’orienter les politiques publiques sur la promotion de l’investissement privé », a-t-il laissé entendre.

Bonaventure Ouédraogo a poursuivi en divulgant les résultats des estimations du CES sur les déterminants macro-économiques de l’investissement privé au Burkina Faso, en 5 points.

Premièrement, il a indiqué que le CES note l’existence d’un effet négatif du taux d’intérêt, incluant qu’une augmentation de 1% de ce taux entraine une baisse de l’investissement privé de 0,49%. « Cela implique que la promotion de l’investissement privé dans notre pays doit envisager une baisse des taux d’intérêt réel de nos institutions financières », a-t-il ajouté.

Deuxièmement, il a expliqué que la croissance économique est un facteur stimulant de l’investissement privé. Troisièmement, Bonaventure Ouédraogo a déclaré que le service de la dette affecte négativement l’investissement privé. « Une hausse de 1% du service de la dette entraîne une baisse de 0,16% de l’investissement privé », a-t-il estimé.

Quatrièmement, le Président du CES a indiqué que l’indice de capital humain impacte positivement l’investissement privé. « Dans ce sens, les politiques de promotion de l’investissement privé dans notre pays doivent être couplées avec des politiques d’amélioration du capital humain », a-t-il ajouté.

En cinq, le Président du CES a indiqué que le crédit accordé au secteur privé a un effet négatif sur l’investissement privé. « C’est un résultat contraire aux attentes théoriques. Ce résultat peut s’expliquer par la structure des crédits qui sont essentiellement de court et moyen terme et la problématique du financement de l’investissement de notre secteur privé », a-t-il fait comprendre.

Rappelons que l’avant dernier rapport public du CES date de 2020 et il a porté sur le thème : « Mécanismes de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme en zone UEMOA : cas du Burkina Faso ».

Josué TIENDREBEOGO

Faso7

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