Burkina Faso : Le premier discours du Capitaine Ibrahim Traoré

Le Capitaine Ibrahim Traore a prononcé son premier discours après sa prestation de serment comme Président le transition, le 21 octobre 2022 devant le Constitutionnel.

Monsieur le Président par intérim du Conseil constitutionnel,

Mesdames et Messieurs les présidents d’institutions,

Monsieur le chef d’Etat-major général des armées,

Madame et Monsieur les conseillers, membres du Conseil constitutionnel,

Autorités militaires et paramilitaires, coutumières et religieuses,

 Distingués invités, 

Mesdames et Messieurs 

Je n’irai pas vous faire un discours ce matin. Je vous parlerai en mes propres mots, du fond du cœur en ayant pour main courante, des idées et du message que j’ai à vous porter.

Monsieur le Président par intérim du Conseil constitutionnel,

Mesdames et Messieurs les membres du Conseil constitutionnel, 

Distingués invités,

Peuple combattant du Burkina Faso,

Il me sied ici de rappeler les circonstances dans lesquelles la crise du 30 septembre est survenue. Sur ce, nous voyons tous cette situation sécuritaire et humanitaire dégradante dans laquelle vivait notre nation. 

Ceci nous a conduits en janvier dernier à poser des actes anticonstitutionnels pour redresser et redonner vie à cette nation. L’objectif de l’avènement du Mouvement Patriotique pour la Sauvegarde et la Restauration était donc de prendre notre destin en main. 

Cependant, depuis le 24 janvier jusqu’au 30 septembre, nous avons pu constater des dérives qui ont conduits encore le 30 septembre à un recadrage de cette transition. C’est pourquoi, une fois de plus, comme nous l’a  inculqué notre devancier cité par le président par intérim du Conseil constitutionnel, le capitaine Thomas Sankara, il le disait donc, nous avons décidé en toute âme et conscience devant l’histoire d’assumer notre révolte.

Cette révolte est celle des milliers des personnes déplacées internes (PDI).

Cette révolte est celle des soldats au front qui défient continuellement et courageusement l’ennemi qui se cache et qui ne se cache plus.

Cette guerre que nous avons longtemps décriée d’être une guerre non-conventionnelle, mais aujourd’hui nous pouvons nous assurer que nous avons une armée en face.

Cette révolte est aussi celle des Volontaires pour la défense de la patrie qui paient également de lourds tributs, mais qui défendent corps et âme cette patrie.

Cette révolte est celle de nos frères et sœurs des localités affligées.

Elle est enfin celle de tous les Burkinabè de l’intérieur et de l’extérieur qui, conscients de l’abîme dans laquelle était la nation, nous ont conduits à nous assumer une fois de plus.

Je ne saurai continuer sans présenter nos condoléances aux familles éplorées pour les tombés de ces événements du 30 septembre, souhaiter également prompt rétablissement aux blessés et à toute personne qui a été victime de ces événements du 30 septembre, 1er et 2 octobre 2022. J’aimerai aussi dire que ces événements sont aussi leur révolte. À eux, nous leur rendons hommage.

Aussi, j’aimerai  saluer ici et devant tout le monde, les autorités coutumières, religieuses, toutes les notabilités qui n’ont ménagé aucun effort au cours de ces évènements pour que nous évitons le pire. Je les remercie du fond du cœur pour leur contribution à apaiser les tensions, à ce qu’il y ait un dénouement pacifique de la situation. Merci encore à toutes ces notabilités, à toutes ces autorités.

Le contexte dans lequel est notre nation est assez difficile à décrire. L’existence même de la nation est en péril.

Peuple combattant du Burkina Faso,

Nous sommes confrontés à une crise sécuritaire et humanitaire sans précèdent. Je souhaiterai que chacun prenne conscience de cette situation et que nous puissions sortir de là, grandis et plus soudés. Au-delà du fait qu’une grande partie de notre territoire échappe à notre contrôle, donc de millier de nos concitoyens se retrouvent refugiés dans leur propre pays, ceux que nous avons longtemps appelés les PDI.

Je souhaiterai là vous rappeler nos objectifs.

Nos objectifs qui ne sont autres que la reconquête du territoire national occupé par ses hordes de terroristes.

Nos objectifs ne sont autres que de donner un souffle de vie nouveau à tous ces compatriotes affligés par ce conflit.

C’est aussi d’envisager un développement endogène en ne comptant que sur nous-mêmes et en essayant de repenser profondément notre agriculture, notre élevage, notre technologie et en interrogeant les socles des actions, de nos inspirations à la prospérité.

Je voudrai vous rassurer une fois de plus, nos partenaires et tous les pays amis du Burkina Faso, que nous  tiendrons nos engagements pris devant tous nos partenaires et tous les amis du Burkina Faso.

Aucun sacrifice ne sera de trop pour sortir ce pays de la situation dans laquelle il se trouve. Notre engagement, c’est pour un retour de la paix et notre boussole sera toujours  ce peuple. C’est ce qui va nous guider tout le long de ces 21 mois.

Sur ce, j’appelle donc à une mobilisation patriotique et populaire.

J’appelle tous les combattants du Burkina Faso (jeunes, hommes, femmes), tous les notables coutumiers, religieux, tous les Burkinabè de la diaspora dans leur diversité à s’unir, à se lever et à s’engager pour une lutte, une lutte contre cette hydre terroriste qui depuis quelques années ne fait que déchirer le tissu social du Burkina Faso et nous empêche de vivre.

J’en appelle d à tous, que ce soit des villes non encore affectées ou des campagnes au fin fond du Burkina touchées, que tous nous nous unissons.

Cette guerre n’est pas uniquement une guerre des peuples hors de nos grandes villes. À l’intérieur des villes, nous avons intérêt à prendre conscience de la situation en nous levant, à nous unir avec ces peuples affligés pour qu’au Burkina Faso, nous soyons un.

Enfin, il faut que je vous rappelle ici, que pour ma part, je serai engagé à vos côtés, aux côtés de tous les Burkinabè, sur les différents fronts pour la libération totale de nos territoires. Pour ma nation, je me battrai jusqu’au dernier souffle et je vous appelle tous à intégrer cela.

Enfin, je souhaiterai réitérer ici à tous mes compatriotes, nos remerciements et souhaiter que cet élan qui nous a guidés au cours de ces derniers jours, que cette ferveur qui est dans la jeunesse soit encore plus grande dans la lutte contre le terrorisme.

Fédérons nos énergies ! Unissons-nous pour de vrai ! Soyons solidaires ! Soutenons-nous ! Que vous soyez Burkinabè de l’intérieur ou de l’extérieur, chacun a sa contribution pour que ce pays sorte de là où il est.

Ma conviction est certaine, le Burkina à des Hommes capables, le Burkina a des combattants et nous pouvons nous en sortir. Nous pouvons gagner cette bataille. Nous pouvons gagner cette guerre. Je suis convaincu et je le dis, nous avons des combattants et nous le pouvons.

Enfin, chères forces de défense et de sécurité, paramilitaires, je vous invite et je nous invite à nous unir et à taire certaines querelles parce que l’ennemi en face est beaucoup plus uni. Que chaque porteur de tenue puisse donner du sien et qu’ensemble chacun puisse apporter sa contribution et que nous puissions vaincre dans les brefs délais.

L’ennemi n’est pas au-dessus de nous. Si des volontaires pour la défense de la patrie se sacrifient jour et nuit, nous, porteurs de tenue, nous n’avons aucune raison que de nous unir, de les appuyer, d’aller en rangs et de vaincre.

 Vive le Burkina Faso !

 La patrie ou la mort, nous vaincrons !

Je vous remercie !     

Suivez⬇

Faso7.com

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page