Burkina Faso : La troisième lettre de l’écrivain Youssouf Savadogo

Ceci est une tribune de l’écrivain Youssouf Savadogo à l’issue des assises nationales.

Un grand défi vient d’être relevé ! Un grand combat vient d’être gagné ! Une victoire vient d’être acquise! Avec la nomination du Capitaine Ibrahim Traoré la sérénité et la tranquillité a regagné les cœurs. Un avenir radieux pointe à l’horizon et  cette jeunesse en quête d’épanouissement brandit sa satisfaction tant désirée.

1-Bravo ! Brave jeunesse du Burkina Faso, pays des hommes intègres. Nous sommes fiers de toi. « Lorsque le peuple se met debout, l’impérialisme tremble. » Les Ivoiriens disent : On est ensemble !

À l’heure actuelle tout Burkinabé doit assimiler la leçon. Il  faut que les choses changent.

J’ai éprouvé une grande fierté, à l’annonce des résultats lorsque le peuple en majorité jeune exprimait sa joie et sa satisfaction. J’ai  la quiétude de l’esprit.

Mais, un vieillard disait : « si tu te tiens debout, sache qu’on t’a vu. Ne t’assois plus ». C’est le moment le plus   crucial de combattre. Les grands défis sont  là plus que jamais. Dieu   a  élevé la jeunesse. Qu’elle travaille pour garder  son rang.

Nous sommes là pour l’accompagner par nos conseils.

C’est notre rôle de grands frères, de pères, de grands-pères.

Sois toujours une jeunesse exemplaire, comme tu l’as toujours été en prenant ton destin en main.

Courage, courage et courage ! Épaulons autant que possible les nouvelles autorités. Car leur échec sera le nôtre.

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2-À nos chères forces vives,  je joins ma plume à celle des autres pour vous exprimer ma profonde gratitude. Votre sursaut patriotique nous soulage les cœurs. Vous avez su anticiper les évènements. Vous avez écouté, vous avez compris, vous avez répondu aux aspirations du peuple. Vous avez sauvé la situation.

Vous êtes dignes de confiance. Le peuple peut toujours compter sur vous. Ce n’est pas pour rien que vous le représentez. La victoire appartient à  nous tous. Sachez que votre mission n’est pas terminée !

Elle ne se limite pas à désigner le président et à écrire la charte. Il y a le suivi, les conseils, les « apaisements »  depuis vos régions respectives. Prions tous Dieu pour la réussite de la transition.

3- A Monsieur le Président du Faso, félicitations à vous et à votre équipe. Merci et grand merci pour votre courage, votre détermination, et votre  sens de responsabilité en prenant en compte la volonté de votre peuple. Notre désir tant recherché est comblé. La tâche est lourde certes mais avec l’unité de tous les corps constitués, l’appui de la jeunesse, les conseils des aînés, je ne doute pas que tous ensemble nous allons célébrer la victoire finale.

Puisse Dieu être au-devant des combats.

Monsieur le Président, je suis convaincu que vous êtes conscient de la responsabilité que vous assumez aujourd’hui. Vous portez deux casquettes : celle du militaire que vous êtes et celle du civil. En conséquence, vous êtes obligé de conjuguer le verbe équilibrer « avec dextérité car votre langage devra tenir compte de votre public cible ».  Car le langage militaire ne saurait être compris lorsque vous êtes avec les civils. Et vice-versa.

Un bon leader est tolérant. C’est sûr que ce n’est toujours pas facile d’accepter et  de supporter d’autres personnes telles qu’elles sont.

Mais force est de reconnaître en tant que leader, quelque soit notre réputation, notre popularité, nous ferons face à trois groupes parmi ceux qui sont sous notre leadership.

a – le premier groupe c’est ceux qui nous soutiennent. Ils peuvent être majoritaires ou minoritaires.                             

 b- le deuxième groupe c’est ceux qui sont contre nous, malgré nos efforts consentis pour les satisfaire.

c- le troisième groupe c’est ceux qui sont neutres,  si nous réussissons, ce n’est pas leur problème. S’il y a  échec, c’est tant pis.

Ce qu’il faut retenir, tous les trois groupes sont nos administrés.

Dans ces cas de figure, nous devons travailler à élargir le cercle de ceux qui sont pour nous et travailler à rétrécir le cercle de ceux qui sont contre nous.

Au « Pays des Hommes intègres », nous  avons besoin de tolérance vu la situation du moment.

–   La réussite de votre leadership dépend de votre entourage, des collaborateurs, des conseillers, etc.  C’est sûr que le nombre de ceux qui vont vous dire la vérité baissera. Mais je vous demande de vous attacher plus à ceux qui vous diront la vérité, sans être influencé. Ce sont vos vrais amis.

Ayez un regard très vigilant vis à vis de certains vieux politiciens retors

Ils sont capables de tout.  Focalisez-vous sur les priorités. Tout est urgent mais tout n’est pas prioritaire à la fois. Considérez les attentes du peuple par ordre d’importance. Que la réconciliation des fils et filles du Burkina Faso soit parmi les priorités.

Travaillez beaucoup, écoutez beaucoup, et parlez moins. L’expérience a prouvé que les leaders qui parlent beaucoup ont moins de résultats.

Privilégiez la place des jeunes compétents,  à l’Assemblée, au gouvernement, et dans les services,  l’armée, etc. Les anciens qui sont exemplaires utiliseront leur expérience pour accompagner la jeunesse.

Le gouvernement actuel sera sans doute un gouvernement de  gestion,  de  crise, de sacrifice et de don de soi. Si vous voulez que cela marche.

Ce sera un gouvernement et une Assemblée de transition qui n’aura pas droit à l’erreur. Tout le monde au travail avec un renoncement à l’aisance sociale. Une baisse du train  de vie des futurs membres du gouvernement sera saluée à sa juste valeur par le peuple. Et si le peuple est satisfait alors préparez-vous pour le futur.

4- Aux politiciens, je vous tire mon chapeau. Vu votre maîtrise de soi et votre volonté manifeste de conjuguer tous les efforts pour une sortie de crise durable. Soyez-en remerciés. Au finish, c’est le pays qui gagne.

Mon père m’avait toujours dit: mon fils, offre tes services à ceux qui les veulent mais sois utile à tous. Ne milite jamais pour détruire, arrange autant que tu peux et sois une lumière pour les autres.

Ainsi toute ta progéniture en bénéficiera.

Je propose à tous ceux qui ont une carrière politique de plus de trente ans de préparer la jeune génération.

Les données ont changé, transformez-vous en bons conseillers. Vous aurez toujours votre place dans la société et vos expériences contribueront beaucoup.

Pour regagner la confiance du peuple, proposez les jeunes leaders que vous avez formés aux postes de responsabilité.

Je ne doute pas du tout de votre disponibilité à accompagner la génération montante  à émerger. Anticipez toujours  les évènements, cela nous fera gagner en tout.

En conclusion j’invite toutes les filles et  tous les fils du pays des hommes intègres, d’ici et d’ailleurs à se pardonner. Seuls le pardon, l’unité construisent un pays.

Youssouf SAVADOGO, écrivain

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