Burkina Faso : Pélagie Sorgho ou le parcours d’une amazone

Agée de 22 ans, Pélagie Sorgho a choisi un métier atypique. La cordonnerie. Installée dans la capitale burkinabè notamment au perron du ministère en charge des Droits humains sur l’Avenue de l’indépendance, cette amazone se bat pour son avenir. Faso7 est allé à sa rencontre le 20 septembre 2022.

Ressortissante de la ville de Tenkodogo dans la Région du Centre-est du Burkina Faso, Pélagie Sorgho a abandonné ses études en classe de CM2 par manque de moyens. Elle décide alors de se lancer dans l’entrepreneuriat, notamment la cordonnerie, afin de réaliser ses rêves.

Avant d’implanter son ‘’entreprise’’ dénommée « Wend-Panga » (la force de Dieu, ndlr), Pélagie Sorgho a d’abord appris le métier avec son grand frère durant 4 ans. « J’ai appris ce métier que je fais aujourd’hui avec mon grand frère dans la ville de Tenkodogo. C’est lui qui m’a tout appris », a indiqué Mademoiselle Sorgho.

…en classe de 5e en cours du soir

Mais son choix n’était pas du goût de tout le monde. Au sein de sa propre famille, certains trouvaient inadéquate sa décision d’emboîter les pas de son aîné. « Beaucoup de personnes dans ma famille disent que je suis rebelle », se souvient-elle.

Outre cela, beaucoup de ses camarades lui ont tourné le dos. « Nombreuses de mes camarades se moquent de moi et refusent de cheminer avec moi.  Selon elles, je suis une cireuse. Je n’ai que des amis (garçons, ndlr).. Et face à tous ces préjugés, je leur réponds juste avec le sourire en disant que c’est Dieu qui en a voulu ainsi », regrette-t-elle.

En plus de la cordonnerie, la native de Tenkodogo arpente les bureaux des ministères situés sur l’Avenue de l’Indépendance pour récupérer les chaussures afin de les cirer.

Mais les difficultés ne manquent pas. Il s’agit notamment du déplacement. Habitant à Nioko II à Ouagadougou avec son grand frère, il lui faut, de bonne heure être à son ‘’bureau’’.

 » Je suis contente et fière de mon métier » (Pélagie Sorgho) – © Faso7

« Au début, je venais à vélo. Mais le vélo est en panne. Actuellement, le matin, pour attendre le bus, je risque d’arriver en retard. Donc, le matin, je prends le taxi et le soir, je rentre en bus », relate-t-elle tout en faisant savoir que ce sont des charges supplémentaires qui diminuent ses revenus.

Pour encore mieux s’en sortir, Pélagie a développé son commerce. Elle est aussi revendeuse de chaussures et de boîtes de cirage. « N’ayant pas de boutiques, je montre les photos des chaussures à ceux qui veulent. Si une personne est intéressée, je vais récupérer au marché pour revendre », narre-t-elle.

Vidéo – Pélagie ou la passion de la cordonnerie

Grâce à son métier, Pélagie a pu financer la reprise de ses cours. Actuellement en classe de 5e en cours du soir dans un établissement de la place, elle a pu poursuivre sa scolarité grâce aux bénéfices tirés de la sueur de son front. « Je suis contente et fière de mon métier. Grâce à ça, je paie mes études. J’arrive à subvenir à mes besoins et ceux d’une partie de ma famille », exulte la cordonnière.

Mais Pélagie Sorgho ne s’est pas arrêtée en si bon chemin. En économisant, elle avait pour ambition d’ouvrir un salon de coiffure pour homme. Un rêve qu’elle a réalisé en officialisant l’ouverture du salon, le jeudi 29 septembre 2022. Là s’estompe désormais le travail de cireuse de Pélagie !

Zalissa ZONGO (Stagiaire)

Faso7

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