Chériff Coulibaly : « L’avènement du MPSR n’est rien d’autre que le retour de l’ancien régime du président Blaise Compaoré »

Face à la dégradation de la situation sécuritaire, l’organisation de la société civile, « le Groupe de Renaissance » a apporté sa lecture lors d’une conférence de presse, ce jeudi 9 juin 2022.

Alors que l’avènement du MPSR avait suscité beaucoup d’espoir du côté des Burkinabè, le Groupe de Renaissance estime que le pouvoir de Paul Henry Damiba peine à satisfaire les aspirations du peuple.

« L’observation de la politique dangereuse inquiétante du MPSR nous laisse penser que l’avènement du MPSR n’est rien d’autre que le retour de l’ancien régime du président Blaise Compaoré », a laissé entendre chériff Coulibaly.

Sur la direction même du navire MPSR, le Groupe de Renaissance dit douter de « la compétence personnelle du président Damiba » à le conduire à bon port.

Toujours sur les attentes du peuple vis-à-vis du MPSR, le Groupe de Renaissance a signifié que « le cheval tant attendu est arrivé avec un seul œil loin des aspirations profondes du peuple ». Il juge la situation « pire » que celle vécue sous Roch Kaboré et ses alliés.

Plusieurs faits ont été cités par Chériff Coulibaly pour soutenir cette argumentation. Il s’agit notamment de l’absence d’actions offensives de l’armée, le gonflement inadapté des salaires des membres du gouvernement et l’augmentation des prix des produits de première nécessité.

« Quand on s’engage dans la politique, c’est pour un idéal », Dr Aristide Ouédraogo © Faso7

« Qui a vendu notre pays ? », « Avec qui ont-ils vendu le pays ? » sont des interrogations du Groupe de Renaissance. « Aujourd’hui, le Burkinabè de tout bord connaît la face réelle du MPSR », a lancé Chériff Coulibaly. Pour lui, les dirigeants actuels ont échangé le peuple contre des intérêts personnels.

Pour sa part, le Dr Aristide Ouédraogo, membre du Groupe de Renaissance a indiqué qu’ils ne sont pas des politiques à la recherche de postes ou de récompenses. Il a expliqué qu’ils ont eu des propositions « pratiques » sous le régime Kaboré mais qu’ils ont décliné. « Quand on s’engage dans la politique, c’est pour un idéal. Certes, au détour de cet idéal, on peut avoir un certain nombre d’avantages », a-t-il dit.

« Lorsque le MPSR est arrivé, nous n’avons pas été mis à l’écart (…) nous n’avons pas voulu faire partie du processus exécutif de la transition. Au départ, nous n’étions pas et nous ne sommes toujours pas du MPSR (…). Nous ne sommes pas aussi des anti-MPSR. Nous sommes pour le Burkina Faso (…). Notre engagement n’est pas à marchander »,

Dr Aristide Ouédraogo

Pour lui, faire de la politique ne doit pas être une fonction ou un métier. Il a laissé entendre que si l’idéal qu’il poursuit est atteint, il pourrait même raccrocher en politique et ne plus s’intéresser aux questions politiques. « Je ne cherche pas à être un politicien de carrière. Ça ne m’intéresse pas », a-t-il fait savoir.

Sur la composition et les ambitions du Groupe de Renaissance, le Dr a expliqué que ce n’est pas un parti politique. « Il s’agit purement et simplement de regroupement de leaders. Et nous appelons tout citoyen qui se considère comme une personne ressource qui a envie de rejoindre ce groupe que c’est un groupe ouvert. L’action dépendra de la trajectoire future du Burkina Faso », a-t-il dit.

Revenant sur l’ancien régime, Chériff Coulibaly a indiqué que le Groupe de Renaissance le considère comme une « ramification du pouvoir du président Blaise Compaoré ». Il a aussi ajouté que le MPP et ses alliés ont « lamentablement échoué en livrant les populations à des groupes terroristes ».

Le Groupe de Renaissance doute de « la compétence personnelle du président Damiba » © Faso7

En guise de solution, le groupe de renaissance propose « une nouvelle dynamique ». Il se voit alors comme un mouvement de réflexion et d’action qui va monter la voie « salvatrice du peuple ». « Ses leaders prônent une troisième voie loin des guéguerres, de la voracité et de la politique du ventre », a martelé Chériff Coulibaly.

Le groupe s’est par ailleurs donné comme mission « le renouveau inconditionnel du Faso ». Il entend alors proposer une nouvelle dynamique.

Basile SAMA

Faso7

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