Burkina Faso : Après le balai citoyen, Me Guy Hervé Kam se lance en politique

La classe politique du Burkina a un nouveau-né dans ses rangs. Le Mouvement Servir et non se servir, (SENS) a été lancé officiellement ce 02 août 2020 à Ouagadougou avec à sa tête l’avocat et ancien porte-parole du mouvement le balai citoyen, Me Guy Hervé Kam.

Pour les initiateurs du mouvement SENS, la politique doit être menée sur la base des valeurs du patriotisme et de l’intégrité, et orientée vers l’accomplissement du bien-être général au profit du peuple. Ils estiment par contre que la politique qui est en cours actuellement au Burkina Faso est contraire à cette vision. Par ailleurs dans la charte des valeurs du Mouvement, les membres du mouvement SENS entendent combattre l’exclusion et la discrimination. Et pour ce qui est de leur mode d’action, le mouvement dans son manifeste fait savoir qu’il place le respect de la tradition africaine (Maât) et la culture burkinabè (Burkindlim) au cœur de leurs actions.

Il faut « déprofessionnaliser la politique  » Guy Hervé Kam

En prenant la parole, le Ccoordonnateur national du mouvement SENS, Guy Hervé Kam l’ancien porte-parole du mouvement le balai citoyen a tenu à remercier tous les membres du mouvement pour lui avoir accorder leur confiance. « Si je me tiens ici devant vous, c’est parce que je suis convaincu que vous êtes engagés à être toujours et en tout temps à mes côtés pour me permettre d’exercer avec vous et pour le bien de tous, cette noble mission que vous m’avez confiée, individuellement et collectivement », s’est-il exprimé.

La rupture, une nécessité

Selon Me Guy Hervé Kam la vision que poursuit le mouvement SENS est de faire du Burkina Faso une « une nation de démocratie » avec les hommes et les femmes capables de le faire. L’avocat estime que la particularité du mouvement réside dans le fait qu’il a choisi de « déprofessionnaliser la politique » au Burkina Faso. A travers la création de ce mouvement, l’ancien porte-parole du mouvement le balai citoyen, entend emmener les burkinabè à s’intéresser à la chose politique car selon lui, de peur de se « salir », la politique a été laissée aux mains des « professionnels de la politique »« Nous disons, il faut déprofessionnaliser en invitant ces burkinabè qui sont dégoutés en leur faisant savoir que si tous nous sommes dégoutés de la politique, nous ne laisserons que les dégoûtants pour le faire », a-t-il poursuivi.Aussi, le coordonnateur du mouvement a fait savoir que la creation d’un tel mouvement etait necessaire dans le sens que l’image de la politique n’ a pas considérablement changé après l’insurrection populaire d’octobre 2014. Pour lui, le peuple qui attendait énormément de l’insurrection a été frappé de désenchantement.

Pour le Coordonnateur national adjoint du mouvement SENS, les jeunes doivent être au cœur de l’action politique du Burkina Faso. Et pour que les jeunes soient pris en compte, une rupture avec la gouvernance actuelle devient une nécessité selon lui. « Nous n’avons pas autre choix que la rupture avec les politiques aventuristes inspirées des valeurs et principes qui souvent étrangers voir même étrange », a déclaré Maiga Abdoul. Il par ailleurs appelé les jeunes à être des exemples en « changeant en eux, ce qu’ils veulent changer autour d’eux » tout en accordant du respect aux anciens.

« Ne pas prendre le pouvoir pour le pouvoir »

A la question de savoir si le mouvement SENS dont le bureau est composé d’une dizaine de membres, sera dans la course aux prochaines élections, le coordonnateur national a laissé entendre que le mouvement soutiendra des candidatures indépendantes aux élections législatives. « Nous voulons susciter des candidatures indépendantes et les soutenir. Nous voulons que dans les 45 provinces du Burkina, qu’il ait des candidatures indépendantes, qu’il ait des personnes qui jouissent déjà d’une légitimité sociale dans leurs communautés, qui se décident à se porter candidat pour que nous les soutenons que la voix de cette communauté soit entendue au sein de l’assemblée nationale, dans toutes les sphères de décisions », a fait savoir Guy Hervé Kam.

Pour ce qui concerne l’élection présidentielle, le président du mouvement SENS a fait savoir qu’au sein du mouvement, une décision n’a pas encore été prise dans ce sens car leur ambition « n’est pas de prendre le pouvoir pour le pouvoir », a conclu l’ancien porte-parole du mouvement le balai citoyen.

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